La communication avec les électeurs (Entretien avec Linda Aziz, attachée de presse de Cecilia Wikström, parlementaire européenne suédoise de Folkpartiet)

Portrait d’une communicante européenne

Née d’une mère portugaise et d’un père égyptien, Linda Aziz grandit en Suède dans la ville de Borås, centre de l’industrie textile au sud de la Suède. Très tôt, le sentiment d’être européenne, en plus d’être suédoise, la gagne. Son intérêt pour les questions internationales ne la conduit pas vers un parti politique en particulier : elle commence à s’intéresser à ceux qui les couvrent.

A l’âge de 20 ans, Linda intègre l’Ecole de journalisme de Sundsvall, très réputée. A peine sa première année d’étude commencée que les responsables de SVT (chaîne étatique suédoise équivalent de France Télévisions) font déjà appel à elle. Elle s’exprime aussi bien en anglais, en espagnol, en français, en arabe, en portugais qu’en suédois, Ceci fait d’elle une perle rare parmi ses collègues. Elle enchaîne les stages avant de se lancer dans le monde du free-lance. Ces différentes expériences la font voyager et notamment découvrir la politique européenne à travers de nombreuses missions à Strasbourg.

Son intérêt pour l’UE se consolide lors d’un reportage à Bruxelles pour le supplément voyages du journal national Aftonbladet. Dans ce cadre, elle interview de nombreux hommes politique qui donnent leurs impressions de la ville. Attirée par l’atmosphère multiculturelle de cette grande capitale européenne, elle obtient un stage au département de presse du parlement. A peine le stage terminé, elle est contacté par Cecilia Wikström.

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

Dès 2012, Linda et Cécilia Wikström commencent à travailler ensemble. L’objectif pour Linda : développer une stratégie de communication claire et efficace. Cecilia Wikström est présente sur Facebook et Twitter, elle possède même son propre site : www.ceciliawikstrom.eu. Si cela ne sort pas de l’ordinaire, la différence entre Cecilia et grand nombre de ses équivalents réside plutôt dans le contenu accessible sur ces supports : les sujets sont d’actualité, présentés de manière pédagogique mais sans manquer de profondeur.

A deux pas du bar Mickey Mouse, point de référence des lobbyistes, Cecilia et Linda se préparent pour le rendez-vous hebdomadaire devant la caméra du parlement. Les vidéos durent 5 à 10 minutes, et montrent Cecilia et Linda discuter des questions d’actualités. Le sujet du jour : le vote du parlement sur les quotas de genre dans les entreprises européennes.

Le concept d’une vidéo hebdomadaire à beaucoup d’avantages. Tout d’abord, il donne à la femme politique l’occasion de s’exprimer sans interruption, ce qui est rare dans les médias. Parfois des intervenants sont invités à réagir aux propos de Cecilia. L’objectif n’étant pas toutefois, de créer un débat. En effet, il s’agit tout d’abord d’un forum pour informer les électeurs de ce qui est fait au parlement.

Publiées sur la toile ces vidéos font plus ou moins de bruit selon les sujets de discussion et selon les invités. A la nomination de Tonio Borg comme Commissionnaire européen à la santé en 2012, Cecilia Wikström n’a pas mâché ses mots. Elle a dit de Tonio Borg qu’il était «un dinosaure ». La citation fera le tour de l’Europe.

Une communication dans les deux sens

Pour Linda l’essentiel est de faire réagir les gens, et de leur prouver la légitimité du système démocratique européen en leur permettant de communiquer directement avec les élus. Ils sont de plus en plus nombreux à liker la page Facebook, à envoyer des emails à Cecilia, à ses deux conseillers ou à Linda elle-même. Certains reportages, articles ou vidéos de la semaine ont un même un réel impact international

Cecilia s’est notamment exprimée sur le cas des réfugiés syriens dans les journaux suédois. Elle encourageait la Suède à donner exceptionnellement le permis de résidence à tous les syriens. Peu de temps après, ses comptes Facebook et Twitter étaient envahis de réactions positives en provenance de syriens du monde entier. Cela montre qu’il est important que la communication européenne soit présente mondialement, et combien son image auprès des gens hors la sphère politique dépend des réseaux sociaux.

Des médias traditionnels pas toujours encourageants

Si les correspondants nationaux présents à Bruxelles sont très engagés dans les questions européennes, ce n’est pas toujours le cas des rédactions basées en Suède. Linda pense que la difficulté majeure pour les correspondants est de programmer leurs articles dans les journaux et programmes télévisés. L’information qui est finalement sélectionnée présente souvent un  tableau pessimiste.

Un autre obstacle surgit au niveau des régions et des communes. Lorsque Linda contacte les médias locaux suédois, la réponse est toujours la même: « Nous ne couvrons que la politique locale.» Mais Linda s’obstine et explique patiemment « Mais c’est justement de la politique locale que nous faisons ici! ». Il y a un manque de connaissances du système politique européen chez beaucoup de journalistes, c’est ce qui les rend parfois réticents à couvrir les actualités européennes.

Un réel manque de communication entre l’UE et ses électeurs

En tant qu’étudiants à l’Institut d’Etudes Européennes nous sommes constamment submergés par les informations européennes. La différence avec la majorité des électeurs européens ne pourrait être plus grande. Qu’importent les cours que nous avons choisis de suivre : histoire européenne, systèmes politiques, lobbying ou communication, tous les professeurs et intervenants extérieurs semblent d’accord : les électeurs européens sont difficiles à engager dans le processus démocratique. Et pourquoi ? Parce qu’ils se sentent mal informés. Ils ressentent une immense distance entre eux et les décisions prises à Bruxelles et une méfiance croissante envers cet objet politique non identifié soupçonné de ne faire autre chose que gaspiller de l’argent et réglementer la forme des concombres.

Linda explique qu’il n’y a pas de standardisation de la communication des parlementaires. Chacun fait son choix et beaucoup d’entre eux ne semblent se soucier ni de l’image qu’ils renvoient, ni de leur proximité avec les électeurs. Il n’y a pas de plateforme de communication commune, autre que le bureau de presse du parlement qui doit rester politiquement neutre. Les électeurs pourraient là jouer un rôle, en demandant aux élus de créer des plateformes de communication adaptés au temps présent. Il est possible de créer un vrai rapport entre élus et électeurs avec des moyens simples et accessibles à tous.

L'attachée de presse Linda Aziz avec l'eurodéputée Cecilia Wikström

L’attachée de presse Linda Aziz avec l’eurodéputée Cecilia Wikström

Linda Thilén

Tagués avec : , , ,
Publié dans Arts et Métiers, Uncategorized

Aperçu de la tour 13

tour 13

L’exposition « Tour Paris 13 », c’est fini ! Elle était pourtant, pendant plus d’un mois, sur toutes les lèvres des parisiens. Les uns s’enchantaient de l’initiative, les autres soulignaient l’opportunisme d’un engouement soudain pour le « Street Art », qui enflamme la capitale ces dernières semaines.

Toujours est il qu’on ne peut que saluer le travail de la galerie Itinerrance (création en 2004), à l’origine de l’événement. Dans le plus grand secret, Mehdi Ben Cheikh, 38 ans, (qui s’est imposé comme LE grand mécène du monde du Street Art français) a réuni des artistes du Street-Art du monde entier, certains déjà connus, d’autres moins, engagés pour la plupart, tous immensément talentueux. Le pari était risqué : monter la plus grande exposition de Street-art du monde dans une tour promise à la démolition, et ce, dans une ville largement réfractaire au concept d’art urbain. Il voulait « qu’on arrive à apprivoiser ou à s’accaparer un morceau de la ville ». Pour cela, il a choisit le 13ème arrondissement de Paris. Pourquoi ? Tout simplement parce que son paysage urbain est largement fait de tour urbaine froide, et que les bâtiments Haussmaniens n’y sont que peu représentés. C’est donc pour cet arrondissement, connu pour héberger le quartier chinois, et quelques unes des pires cités de Paris intra-muros, l’opportunité de changer son image et d’opérer une véritable métamorphose.

Nous avons pris notre courage à deux mains et avons bravé le froid et la pluie, afin d’affronter la file d’attente interminable qui décourage plus d’un visiteur depuis l’ouverture de la Tour au public.

  • Le choix des artistes

« Le tri se fait sur Internet. Je sais vraiment vers qui je veux aller en ce moment et les démarches se font sur le long terme. Ce qui m’importe, c’est qu’un artiste soit totalement conscient de son acte. Il ne s’agit pas seulement de réaliser quelque chose de beau, de décoratif, mais de produire un travail vraiment in situ, d’être en adéquation avec l’architecture et la fonction du lieu. » Un appartement a donc été distribué à chacun de ces artistes, venus des quatre coins du monde, où ils ont pu laissé libre court, dans des styles très divers, à leurs imaginations et leurs créativités

En voici un petit échantillon :

Car le projet est clair : il se doit, à l’image du style artistique qu’il représente, d’être éphémère. Toutes les œuvres d’art que contiennent la tour seront donc physiquement détruites en même temps que ses murs, le 31 octobre 2013. Mais l’immersion dans le monde du Street Art ne s’arrête pas là, puisque pendant un mois, à partir du 1er Novembre 2013, les internautes seront amenés à visiter le site internet de la Tour (www.tourparis13.fr), et à pixéliser les œuvres qu’ils auront préférées, assurant ainsi leur pérennité. Nous ne pouvons qu’exprimer notre admiration devant une campagne de communication aussi adaptée à notre époque. Par et pour un style artistique qui pourrait bien dans un futur proche obtenir le statut d’ambassadeur de cette même époque.

Lucie Gilson

Publié dans Louvre-Rivoli

Les élections au Kosovo du 3 novembre 2013

Dimanche 3 novembre, ont eues lieu au Kosovo, des élections très attendues par la communauté internationale, et plus particulièrement par l’Union européenne. Elles aboutiront à la nomination des représentants et des organes de l’Association des municipalités serbes. La création de cette association découle d’un accord entre les ministres serbe et kosovar conclu à Bruxelles le 19 avril 2013 sous l’égide de l’UE.

Des affiches appelant au boycott des élections du 3 novembre SASA DJORDJEVIC/AFP

Des affiches appelant au boycott des élections du 3 novembre
SASA DJORDJEVIC/AFP

Il ne s’agit que d’élections municipales, mais pour les quelques 40 000 serbes kosovars, elles pourraient s’avérer lourdes en conséquences. La communauté internationale – et l’Union européenne en tête – avait déjà largement convenu qu’il s’agissait d’un vote test, qui conditionnerait l’ouverture des négociations d’adhésion à l’union européenne de la Serbie, prévue pour janvier prochain. L’objectif est de fixer le statut du Kosovo comme état indépendant, pour, à terme, pousser Belgrade à reconnaître définitivement Pristina, et l’état du Kosovo. Mais cela  cristallisera également l’amputation définitive des serbes kosovars et leur isolement de ceux de la Serbie, dont ils sont largement dépendants économiquement. La Serbie assure en effet la majeure partie des dépenses publiques de la minorité serbe au Kosovo.

C’est la première fois, pourtant, que Belgrade soutient le processus électoral et leur premier ministre Ivica Dacic a appelé lui même les serbes locaux à prendre part active au vote pour « assurer leurs droits », redoutant que ne se reproduise le boycott des élections de 2009.  A la veille du scrutin, et malgré les injonctions des autorités serbes, les tensions restent alarmantes, et soulèvent deux problèmes d’importance : si la minorité serbe ne vote pas, les représentants politiques albanais remporteront les élections par une majorité écrasante, et la situation de la minorité serbe déjà précaire serait loin de s’améliorer. D’autre part, si l’élection n’est pas considérée comme une réussite par la communauté internationale, le processus de normalisation des relations entre les deux pays, entamé en début d’année, serait invalidé. La Serbie se retrouverait donc sur la touche, puisque ces accords étaient une des conditions sine qua non de l’ouverture des négociations d’entrée à l’UE.

La population serbe du Kosovo n’a pu s’empêcher de ressentir ce revirement comme une  trahison ; et un grand nombre d’entre eux ont dès lors appelé au boycott des élections. Aidés par les représentants locaux, des groupes nationalistes serbes descendent dans les rues et déchirent les affiches de campagne de ceux qu’ils appellent « collaborationnistes ». Ils soutiennent – à raison – que si les élections ne sont pas validées, la reconnaissance du Kosovo par la Serbie n’aura pas lieu.

Le 3 novembre, deux heures avant la fermeture du scrutin, des hommes aux visages dissimulés ont fait irruption dans trois bureaux de vote installés dans des écoles de la partie serbe de Mitrovica, principale ville du nord du Kosovo, ont lancés des grenades, démolis les urnes, agressés le personnel et des électeurs avant de s’enfuir. Le scrutin a dû être interrompu. La porte parole de la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, a condamné ces « incidents violents ». Euronews soulignait le 4 novembre que c’était un mauvais point pour l’intégration de la Serbie dans l’Union européenne.

 Ces perturbations ont eu pour effet d’échauder les populations serbes locales, déchirées entre les injonctions de Belgrade – qui les poussait à voter – d’une part, et les menaces de remontrances de la part des groupes nationalistes serbes. Par conséquent, la participation dans le nord du Kosovo n’a pas  dépassé les 13 %. Et ce, tandis qu’au sud pourtant, où la population est majoritairement albanaise, la participation atteignait les 60 %. Résultat des élections : 47,9 % de participation. La ligue  démocratique du Kosovo remporte les élections, tandis que le Parti démocratique du kKsovo, au pouvoir ; c’est la parti du premier ministre, arrive en deuxième position.

A ce jour, 10 maires ont été élus au premier tour des élections locales au Kosovo, tandis que les dirigeants de 24 municipalités seront élus au deuxième tour. La communauté internationale n’a pas encore statué si les élections dans les régions du nord peuplées par les serbes seront validées. La mission d’observation électorale de l’UE présentera son évaluation préliminaire lors d’une conférence de presse le 5 novembre. 

Lucie Gilson

 

Tagués avec : , ,
Publié dans Liberté

Journées de Bruxelles 2013 : 3 jours pour réinventer l’Europe

journeedebxl.gif_574_800_2
Du 10 au 12 octobre, les plus hauts représentants et experts de l’Europe se sont retrouvés à l’occasion des Journées de Bruxelles pour répondre au « SOS Europe » lancé par le Nouvel Observateur. Franchement Europe s’est rendue sur place.

Dès le premier soir, le ton est donné : Jacques Delors, Herman Van Rompuy, Valérie Giscard d’Estaing et Felipe Gonzales [l'ex-président espagnol, Ndlr] s’interrogent : « Qu’est-ce qui a mal tourné ? » Ce sont en tout seize conférences qui se dérouleront dans « le Palais des Bozar de Bruxelles » réunissant ainsi spécialistes, fonctionnaires, politiques et hommes de lettres autour d’un objectif : réinventer l’Europe. « Pourquoi parlez-vous de réinventer l’Europe ? Nous l’avons déjà inventé! » Si les pères de l’Europe rappellent fièrement les acquis, tous reconnaissent cependant l’étendue des travaux.

Dans ce contexte de crise européenne, d’élections parlementaires et d’inquiétudes quant à l’avenir de l’UE, tout doit être passé en revue : du libéralisme européen face à la solidarité, de la culture à la croissance en passant par le chômage et la diplomatie. A maintes reprises, jusqu’à M. Van Rompuy lui-même, on pointe du doigt la responsabilité des dirigeants nationaux. En se réfugiant par lâcheté politique derrière la terrifiante « Bruxelles », ils participent directement à la marginalisation de l’Union Européenne dans la sphère publique et citoyenne. Plus problématiques, ils s’abstiennent de défendre une trajectoire globale pour l’Union Européenne.

De nouvelles priorités pour une Europe nouvelle

Si partout ressort la nécessité d’une économie forte comme facteur principal de puissance, l’accent est mis sur la nature de la croissance que l’Europe doit chercher à promouvoir. Société démocratique, citoyenneté européenne, progrès énergétiques, lutte contre la fragmentation financière, ou encore régulation et défense de l’environnement apparaissent ainsi comme les priorités qui permettraient à l’Europe d’amorcer les réformes dont elle a besoin. Au-delà des progrès institutionnels, l’idéal européen appelle surtout à une renaissance.

Ce beau monde et ces belles idées auront ainsi remplacé, le temps de ces journées bruxelloises, les étoiles du drapeau européen dans les yeux de ses concitoyens. Mais au-delà des rêveries, on observe surtout une volonté de faire émerger un réel débat public sur la trajectoire de l’Union Européenne. Seule ombre au tableau, l’absence de jeunes sur les estrades. Dans cette volonté de relancer l’avenir de l’Europe un dialogue entre les anciens fondateurs et la nouvelle génération, porteuse de cet avenir aurait été des plus constructifs.

Alors à nous, jeunes citoyens européens, de prendre désormais le relais des spécialistes pour faire de notre Union Européenne, non pas une vieille invention, mais une réalité nouvelle.

Tamara Jacobi

Tagués avec : , ,
Publié dans Arts et Métiers, Uncategorized

Semaine du 30/09 au 04/10

Voici le programme pour cette semaine :

  • Après le week-end d’intégration des Jeunes Européens de Paris qui a eu en ce moment, un autre événement en partenariat avec Franchement Europe aura lieu mardi 1er octobre de 18:30 à 20:30. Il s’agit de la conférence-débat sur l’Allemagne après les élections du 22 septembre organisée par Eurocité à la Fondation Jean Jaurès au 12 cité Malesherbes, 75009 Paris.
  • La toute première réunion de rédaction du journal Europolis se tiendra dans les murs de l’université le mercredi 2 octobre entre 18h et 20h. Nous vous communiquerons le numéro de la salle lundi prochain. Un compte rendu de la réunion sera envoyé dans les jours qui suivront la réunion, pour ceux qui ne pourraient pas (mais désiraient ardemment) être présents.
  • Le jeudi 3 octobre, nous organiserons un deuxième apéro Franchement Europe, à partir de 18h au Local, 54 rue de la Clef (même lieu que la dernière fois pour les habitués, happy hour toute la soirée !)

 

Pour ceux qui seraient intéressé pour organiser le voyage à Bruxelles, une réunion aura lieu la semaine suivante, mais vous pouvez d’ores et déjà vous manifester : nous aurons besoin d’une grosse équipe motivée pour cette année !

 

N’hésitez pas à nous contacter pour toutes informations supplémentaires et bonne rentrée !

Publié dans Annonces

La Maison Jean Monnet – interview avec Philippe Le Guen, directeur de l’Association Jean Monnet

« Aussi longtemps que vous ne l’avez pas essayée, vous ne pouvez pas dire qu’une chose est impossible. » – Jean Monnet

Jean Monnet (1888-1979)

Jean Monnet
(1888-1979)
« Faire quelque chose plutôt que d’être quelqu’un »

La Maison Jean Monnet est à ne pas confondre avec celle de Claude Monet car vous trouverez certes, dans cette maison des tableaux mais pas ceux auxquels vous vous attendez…

Cette ancienne ferme au toit de chaume, aujourd’hui propriété du Parlement européen a été habitée par Jean Monnet de 1945 à 1979, homme d’état français aujourd’hui considéré comme l’un des Pères fondateurs de l’Europe.

C’est ici qu’il a notamment rédigé avec ses collaborateurs en 1950 la déclaration Schuman proposant la création de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’Acier), texte fondateur de la construction européenne.

La Maison Jean Monnet : Juillet 2013

 

Parterre de roses, don de l'épouse du Président Dwight Eisenhower à Jean Monnet

Parterre de roses, don de l’épouse du Président Dwight Eisenhower à Jean Monnet

Philippe Le Guen, directeur de l’Association Jean Monnet a accepté de répondre à quelques questions pour Europolis.

1)      Pouvez vous nous présentez Jean Monnet en quelques mots ?

 « Jean Monnet, autodidacte, a d’abord été un simple vendeur de cognac, puis s’est retrouvé dans les tourbillons des évènements du 20ème  siècle où il a joué un rôle majeur dans la Première et Seconde Guerre mondiale. Sa vie a alors basculé et il a réussi à concrétiser le rêve que plusieurs avaient eu avant lui : l’Europe unie pour la paix. »

2)       Que doit on retenir de l’action de Jean Monnet ?

 « Jean Monnet avait une vision atypique pour son époque que l’on appellerait aujourd’hui une vision globale ou mondiale alors que d’autres restaient dans des schémas strictement nationaux. Ce qui l’a animé toute sa vie, c’est d’arrêter les guerres entre les peuples européens, créer la prospérité et la démocratie, en positionnant l’Europe dans le reste du monde. Un homme unique en son genre. »

3)       En quoi la Maison Jean Monnet est un lieu unique ?

 « Il faut bien le dire la Maison Jean Monnet n’est pas un palais ou une œuvre architecturale mais une maison simple à l’image de cet homme. C’est un lieu symbolique car c’est ici qu’a été conçu le premier projet de la Communauté européenne. C’est un lieu chargé d’histoire où les grands hommes de l’époque tels que Robert Schuman ou encore Konrad Adenauer sont venus lui rendre visite pour discuter dans son salon de comment concrétiser le rêve européen.

Ce lieu amène à réfléchir et je dis souvent que l’on est plus intelligent là bas. En effet, on ne peut rester insensible à ce lieu : c’est un havre de paix entouré de verdure où l’on peut débattre sans tabou, loin de l’agitation de la ville, loin des tours d’ivoire de Bruxelles et des capitales européennes. »

4)      Pourquoi cette maison a t’elle été reprise par le Parlement européen ?

 « A la mort de Jean Monnet son épouse Sylvia est retournée vivre en Italie. Sa famille ne souhaitant pas conserver la maison ; le Parlement européen l’a donc achetée afin qu’elle ne tombe pas dans le domaine privé. En effet, le Parlement européen estimait que ce lieu symbolique et chargé de souvenirs, devait être le patrimoine commun des Européens. Il l’a transformée en musée et aujourd’hui une salle de conférence aménagée sur le site permet d’accueillir le grand public. »

5)      Quelles sont les missions de l’Association Jean Monnet ?

« L’association Jean Monnet a été créée en 1986. Le Parlement européen a récemment rénové la maison et aménagé des bureaux sur le site pour permettre à l’association d’être au plus près des activités.

L’association accueille des groupes scolaires venus de toute la France. On leur parle du rôle de Jean Monnet, de l’histoire de la construction européenne et des débats sur des sujets d’actualité sont également proposés.

Nous organisons aussi des séminaires, tables rondes, conférences, groupes d’expert, comités citoyens (citoyens réfléchissant et rédigeant des propositions pour le futur de l’UE) tels que le projet CityCom. Nous sommes également actifs dans des projets transnationaux sur des sujets tels que la citoyenneté ou bien encore les élections européennes. Par ailleurs, tous les six mois nous avons la visite des ambassadeurs des pays exerçant la présidence de l’Union européenne. »

Anne Vesque

Informations pratiques :

Adresse :

7 chemin du Vieux Pressoir

78490 Bazoches-sur-Guyonne

Téléphone : +33 (0)1 34 86 12 43

Adresse mail : info@ajmonnet.eu

Site internet : http://www.ajmonnet.eu/

Retrouvez l’Association Jean Monnet sur les réseaux sociaux :

Facebook : Jean Monnet Assoc

Twitter : AJMonnet

Instagram : Jean_Monnet_asso

 

 

Publié dans Europe

La Serbie sur la voie de l’UE

En intégrant des pays de la péninsule balkanique (Grèce en 1981, Slovénie en 2004, Bulgarie et Roumanie en 2007), l’Union européenne montre sa volonté d’accueillir des territoires de l’Europe qui ont été des lieux de tensions et de guerres. Elle poursuit, ainsi, sa vocation initiale de substituer la coopération et la loi à la force et aux hostilités (un antiMunich).

Dans cette perspective de « sauvetage des nations meurtries », les autres pays des Balkans constituent des candidats potentiels. La Croatie et la Serbie en sont de parfaits exemples. La première adhérera en 2014 ; et depuis le 22 décembre 2009, jour où le Président de la République de Serbie, M. Boris Tadić, a présenté sa demande officielle, les étapes de la procédure d’adhésion de la seconde ont commencé à s’enchaîner.
Dès 2000, le Conseil européen avait approuvé l’élargissement à la Serbie. Il a récemment rappelé que la progression de chaque pays candidat dépend des efforts déployés pour satisfaire aux critères de Copenhague et aux conditions fixées par l’Accord de Stabilisation et d’Association (ASA). Dans ses conclusions du 25 octobre 2010, il insiste sur deux exigences politiques, auxquelles doit répondre la Serbie : d’une part, un meilleur dialogue entre Belgrade et Pristina ; d’autre part, une « coopération pleine et entière » avec le Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie, en particulier dans le cadre de l’arrestation de deux accusés en fuite Ratko Mladić et Goran Hadžic.
Sur le plan économique, l’UE constitue non seulement le premier investisseur étranger, mais aussi le principal partenaire commercial de la Serbie, tant sur le plan des exportations (56% en 2007 : produits agricoles, pneus, fer, acier…) que sur celui des importations (54% en 2007 : automobile, diesel, médicaments…). Et on peut noter que cette part européenne est en augmentation croissante depuis 2006. Une tendance qui se renforcera
certainement avec l’adhésion.
Le 19 janvier 2011, ce fut au tour du Parlement d’approuver l’ASA. Dès lors, il ne reste plus qu’à la Commission de se prononcer favorablement. A partir de là, la Serbie poursuivra sa route vers l’adhésion finale.

Capucine Goyet
Cet article a été publié dans le sixième numéro d’Europolis au 1er trimestre 2011.

Tagués avec : ,
Publié dans Bonne Nouvelle

Du communisme à la tête de l’Union Européenne

Tous les six mois, la présidence du Conseil des Ministres de l’UE change. Ainsi, le 1er janvier 2011, la Belgique a passé la main à l’Hongrie. Ce qui semble une simple formalité est en vérité un événement historique sans précédent. En plus, c’est un pas important vers l’intégration de l’UE parce que pour la première fois une ancienne république populaire de l’Est se trouve à la tête de l’Europe.

Ainsi, 22 ans après la chute du mur de Berlin et le naufrage de l’illusion communiste, une parenthèse se ferme car la présidence hongroise illustre bien la transition réussie des pays autrefois sous le joug soviétique vers l’UE.
Mais à cause d’une crise économique, le temps n’est pas à la fête – une opinion partagée par le premier ministre hongrois Viktor Urban, qui décrit 2011 comme « l’année la plus difficile pour l’UE depuis la chute du communisme. » Pour surmonter ces bouleversements, la sauvegarde du modèle social européen est une des priorités de la présidence hongroise. Elle propose une double stratégie pour y arriver. D’un côté, la Hongrie veut renforcer la situation des petites et moyennes entreprises, les moteurs de la création des emplois. De l’autre côté, elle souhaite mettre au centre des débats les effets de la démographie sur l’emploi et la croissance.
Bien que l’économie garde presque toute l’attention du public européen, la présidence hongroise doit aussi traiter des questions d’élargissement, comme les  négociations d’une adhésion de la Croatie. M. Urban aspire aussi à un renforcement global de l’Europe, c’est-à-dire à améliorer la cohésion et la solidarité des États membres. Pour mieux cerner ce sujet assez abstrait, la nouvelle présidence entend mener un débat de fond sur des thèmes aussi essentiels que l’alimentation, l’énergie et l’eau.
Force est donc de constater que, malgré des polémiques récentes sur la politique intérieure hongroise, M. Urban a la ferme intention de se faire l’avocat de l’intégration de l’UE entamée ces dernières années.

David Reitsam
Cet article a été publié dans le sixième numéro d’Europolis au 1er trimestre 2011.

Tagués avec : , ,
Publié dans Bonne Nouvelle

Nantes élue capitale verte européenne par la Commission

Première ville française récompensée, Nantes a obtenu le titre de « European Green capital » pour 2013. Elle a su se distinguer par son « développement urbain respectueux de l’environnement ».

Nantes succédera à Stockholm, première lauréate de l’histoire de ce prix en 2010, ainsi qu’à Hambourg (2011) et Vitoria-Gasteiz (Espagne, 2012). Lors de l’étape finale, quatre autres villes étaient en lice pour les titres 2012 et 2013 : Malmö (Suède), Barcelone, Reykjavik et Nuremberg. Elles étaient jugées sur une liste très complète de critères environnementaux tels que le transport, la gestion des déchets ou encore l’aménagement d’espaces verts etc.
Déjà nommée « ville la plus agréable à vivre en Europe » par le Time Magazine en 2004, Nantes a séduit par son plan climat et ses efforts en matière de transports, menant une politique de transport orientée vers les transports en commun et l’utilisation du vélo. Première ville française à réintroduire le tramway électrique en 1985, Nantes affiche le plus long réseau de France avec 42 km, complété par deux bateaux bus et 59 lignes de bus ! Les ambitions de Nantes sur la réduction d’émission de gaz à effet de serre de 50% d’ici à 2025 ont aussi été valorisées par la commission. Enfin l’agglomération compte 57m2
 d’espaces verts par habitant, plusieurs zones Natura 2000 et la plantation de trois forêts urbaines. Seul bémol, le  système d’assainissement de l’eau, où Nantes a dû démontrer sa capacité à réduire les algues présentes dans l’Erdre entre les deux tours de sélection.
Lors de la remise des prix, le commissaire européen pour l’environnement Janez Potocnik a mis en garde contre le développement non maîtrisé des villes. En effet, la population urbaine devrait atteindre en Europe 557 millions en 2050, ce qui ne fera qu’amplifier les problèmes des villes et des infrastructures déjà fort fragiles. « Le temps nous est compté et nous devons changer, penser long terme et non court terme », a lancé Janez Potocnik, rappelant l‘une des missions des villes récompensées : apporter leur expérience à des villes moins engagées écologiquement.

Réjane Martin
Cet article a été publié dans le sixième numéro d’Europolis au 1er trimestre 2011.

Tagués avec : , ,
Publié dans Bonne Nouvelle

L’euro de moins en moins contesté par les Français

Bientôt dix ans que nous utilisons l’euro en France, et pourtant, celui-ci est largement critiqué par les Français. L’argument principal : le coût de la vie a augmenté. En ces temps de crise, l’euro est d’autant plus montré du doigt, comme la cause de tous nos maux.

Pour preuve, le sondage Ifop du 16 décembre 2010 qui indique que 35% des Français souhaiteraient abandonner l’euro. Ce sondage, réalisé les 10 et 12 novembre derniers, traduit une franche opposition de la part de l’extrême gauche (60% des sympathisants de Lutte ouvrière et du Nouveau Parti anticapitaliste) et du Front National (71%). Des pourcentages impressionnants mais pas surprenants pour des partis qui se sont toujours opposés à l’euro, selon eux contraire à la souveraineté monétaire de la France. Côté UMP, on tourne autour des 27% et pour le Parti Socialiste, on monte à 37%.
Ces chiffres sont toutefois à nuancer puisqu’en mai 2010, la part des Français favorables au retrait de l’euro était de 38%. Mieux, un autre sondage Ifop, réalisé les 5 et 6 janvier, indique que cette part est tombée à 28%, soit près de 10% de moins sur huit mois.
Si l’opinion reste stable du côté du Front National, désormais 52% des sympathisants de Lutte ouvrière et du NPC restent favorables à cette idée. Pour le Parti socialiste, 24% conservent leur position ; la part côté UMP est tombée à 9%. Une chute importante qui le place à égalité avec les électeurs d’Europe-Ecologie.
Si l’euro apparaît de moins en moins contesté par les Français, près d’un tiers se maintiennent,toutefois dans leur idée, réclamant le retour au franc. Si l’on ne peut nier que  le coût de la vie a bien augmenté ces dernières années, peut-on pour autant en blâmer uniquement l’euro ? Plus grande question encore, quels auraient été les impacts de la crise en Europe si l’euro n’avait pas joué un rôle protecteur ? Les réactions observées en 2008, majoritairement protectionnistes, indiquent clairement ce qui aurait pu être : un repli de chaque pays pour sauver sa propre monnaie. Que nous adhérions ou non à l’euro, il est là et le fait de le partager avec 17 pays implique des avantages, mais aussi des responsabilités, comme l’entraide aux pays en difficulté.

Fanny BRONÈS
Cet article a été publié dans le sixième numéro d’Europolis au 1er trimestre 2011.

Tagués avec : ,
Publié dans Bonne Nouvelle

Catégories